vendredi 23 avril 2021

Jumelage

Depuis Septembre 2004, la Commune de Nervieux est officiellement jumelée avec la commune roumaine « Général Berthelot » (anciennement Uniréa- Fercadin), département HUNEDOAR

Qui était le Général Henri Mathias BERTHELOT ?

berthelot.jpgL'appel pour la Roumanie :

A l'automne 1916, le maréchal Joffre désigna un des plus brillants adjoints de son état-major, le général de division Henri Mathias Berthelot ( Né le 7décembre 1861 à Feurs (Loire) dans une famille de militaire ) , pour réorganiser l'Armée Roumaine. Il débarqua à Iasi, le 16 octobre, après être passé par le nord  de la Russie. Il était à la tête d'une mission militaire française qui atteindra jusqu'à 1150 personnes, essentiellement des officiers spécialisés. Bratianu (homme politique roumain, artisan de l'indépendance de la Roumanie ) lui proposa immédiatement le commandement de l'Armée roumaine, mais il refusa, se contentant du titre de conseiller. Sa première tâche était d'aider les Roumains à se ressaisir et, pour cela, d'asseoir son autorité en prenant l'ascendant sur le commandement de leur armée. Les officiers français commencèrent à encadrer les troupes roumaines sur les champs de bataille. Devenu inspecteur général de l'Armée roumaine de l'après guerre 1916, le français consacra alors toute son énergie à sa reconstruction, qui ne put commencer qu'au printemps 1917, après un hiver épouvantable, marqué par les hécatombe dues au typhus, au froid et à la famine. Il fallait redonner au soldat roumain l'envie de se battre pour sa terre. Le général Berthelot pressa le Roi et Bratianu de prendre des mesures en ce sens. Ferdinand promit une réforme agraire qui ferait du paysan-soldat le défenseur de sa propre terre et non plus des grande propriétés des boyards ( nobles). La nouvelle Armée Roumaine fut équipée par la France et l'Angleterre. Mais son plus grand problème était l'acheminement de tous ce matériel et des munitions. Il  n'existait aucune route terrestre possible sur le continent, l'accès à la Mer Noire était bloqué par la résistance des Turcs. Seules deux routes maritimes étaient envisageables. La plus courte, par la Mer Blanche et Mourmansk, était bloquée par les glaces pendant l'hiver. Les bateaux devaient donc faire le tour du monde, en passant par la Sibérie, ce qui demandait des mois avec l'incurie généralisée des chemins de fer russes.

La Création de l'aviation Roumaine:

Berthelot convainquit aussi la France d'entreprendre un effort considérable pour doter la Roumanie d'une aviation performante. IL créa aussi des écoles pour les officiers et sous officiers roumains. Des instructeurs français formèrent les soldats au maniement des armes modernes. Une véritable artillerie lourde, qui faisait cruellement défaut, fut mise en place. Des dizaine de médecins français, mais aussi britanniques et américains, des infirmières volontaires, des religieuses, formèrent la Mission médicale, soignant les blessés et surtout luttant contre les épidémies de typhus auxquelles elle paya un lourd tribut. Dès Février 1917, cinq mois après l'arrivée de Berthelot, l'effectif de l'Armée roumaine atteignait à nouveau 400 000 hommes.

La Reconquête :

L'offensive de la reconquête, préparée depuis avril, débuta le 23 juin 1917. Dès le 25, les Roumains remportèrent un succès à Marasti, puis bousculèrent l'ennemi sur L'Oituz et surtout à Marasesti qui demeure aujourd'hui, le symbole de l'héroïsme du soldat roumain de la Grande Guerre. A la fin de l'été, le front se stabilisait une nouvelle fois.

La Défection Russe :

Mais la défection russe, après la révolution de novembre et l'arrêt immédiat des hostilités avec les troupes austro-allemandes, agit comme un coup de poignard dans le dos. La Roumanie se trouva tout à coup isolée, ses routes d'approvisionnement coupées. Ses réserves en hommes se trouvaient réduites à néant, bien que des soldats de Transylvanie, de Bucovine, près de 10 000 homme enrôlés de force part l'ennemi, désertèrent pour rejoindre ses rangs. Berthelot et le commandement roumain tentèrent également de recruter des Ukrainiens, des Cosaques, des Arméniens fuyant le génocide turc, des prisonniers austro-hongrois d'origine polonaise, serbes, croates, tchèques, slovaques, mais sans grand résultat. Le sort de la guerre était joué et la Roumanie ne pouvait pas faire face seule aux armées des deux empires centraux auxquelles s'étaient jointe la Bulgarie.

L'Armistice :

Les revers militaires s'enchaînant, l'armistice fut signé à Focsanie le 9 décembre 1917 et la Roumanie contrainte d'accepter un traité de paix séparé, à Bucarest, le 7 mai 1918, la transformant en une sorte de protectorat de l'Allemagne. Entre temps la mission militaire française avait été expulsée. Berthelot quitta le sol roumain le 12 mars 1918, emmenant avec lui quelque roumains trop compromits et des Alsaciens-Lorrains récupérés dans les camps de prisonniers.

Le Retour en France :

De retour en France, le général n'eut de cesse de plaider la cause roumaine et de convaincre les Alliés du cas de force majeure qu'avait constitué l'abandon du combat par la Roumanie. Il fut dépêché à la tête d'une mission aux USA pour accélérer l'envoi des troupes américaines en France, puis assura le commandement de la 5ème Armée lors des contre-offensives alliées de juillet et août 1918 qui allaient les conduire à la victoire finale.

De la Reprise de l'offensive à la Victoire :

Sur le front oriental, les forces ennemies se délitèrent, à commencer par la Bulgarie. Ferdinand, qui n'avait pas encore paraphé le traité de Bucarest, ordonna la reprise du combat, l'armistice fut signé le 11 novembre. Le 1er décembre, alors que la Grande Assemblée d'Alba Iulia proclamait l'Union de la Transylvanie et de la Roumanie, donnant naissance à la Grande Roumanie, le roi Ferdinand et la reine Marie rentraient triomphalement dans Bucarest, avec le général Berthelot à leurs côtés.

L'après guerre à la Reconnaissance :

Après la guerre, le général Berthelot assuma les fonctions de gouverneur militaire de Metz puis de Strasbourg, avant de se retirer dans sa propriété de Nervieux, passant ses journées à pêcher dans la Loire, avant de s'éteindre le 29 janvier 1931, à l'age de 69 ans, des suites d'une gangrène. La Roumanie ne l'oublia pas. Le général Berthelot demeura sa vie durant l'objet de toute les adoration, l'ami du peuple roumain et de ses souverains dont il avait partagé les heures sombres. Profondément populaire et aimé, Henri-Mathias Berthelot fut fait citoyen d'honneur de la Roumanie, membre de l'académie roumaine, et reçut les plus hautes distinctions du pays. Puis en reconnaissance, le gouvernement lui attribua une propriété dans le sud du pays à Farcadin, ou il se rendit à diverses reprises. Flattés et fiers, les habitants changèrent le nom de leur village en 1923, pour l'appeler simplement « Général Berthelot ».

pdf Documents sur le Général Berthelot et article du 30/09/2006 paru dans La Tribune - Le Progrès de Lyon

Association « Défense de la Mémoire du Général Berthelot »

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Le jumelage

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